11 mars 2025 – Conférence Joseph Morsel, L’espion espionné? Archéologie documentaire et histoire sociale du pouvoir à Nuremberg au début du XVIe siècle

Le GRHG, en partenariat avec nos collègues Gordon Blennemann et Philippe Genequand de l’Université de Montréal, est ravi d’annoncer la visite de Joseph Morsel, de l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, à Montréal. Il y donnera deux conférences :

  • Le 10 mars 2025 à l’Université de Montréal, La charte comme opérateur temporel? Observations à partir de chartes des XIIIe-XVe siècles
  • Le 11 mars 2025 de 14h à 16h, à l’UQAM (local A6290), L’espion espionné? Archéologie documentaire et histoire sociale du pouvoir à Nuremberg au début du XVIesiècle

L’espion espionné ? Archéologie documentaire et histoire sociale du pouvoir à Nuremberg au début du XVIesiècle

Depuis quelques décennies, le rapport des historien∙ne∙s à la documentation écrite ancienne a connu de profonds renouvellements, qui ont doublé la pratique classique (« textuaire ») d’une réflexion sur les conditions globales de production des documents écrits (approche « scripturaliste ») puis sur les conditions (idéelles et matérielles) de l’appropriation historienne (« archéologie documentaire »). Un registre conservé à Nuremberg, dans lequel est copié un échange épistolaire entre un espion et le pouvoir patricien au début du xvie siècle, constitue un remarquable objet d’expérimentation, au cours de laquelle sont mises en œuvre ces différentes modalités d’étude (textuaire, scripturaliste, archéologiste), qui éclairent à chaque fois des pans différents du complexe de rapports sociaux qui a engendré le registre. Il ne s’agit pas de remplacer l’une par une autre ni de suggérer une simple complémentarité des approches mais de montrer la nécessité de leur prise en compte indissociable – qui vient ici éclairer d’un jour nouveau les conditions historiques et historiennes de l’hégémonie patricienne à Nuremberg.

Joseph Morsel est professeur émérite d’Histoire médiévale à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, où il travaille au sein du Laboratoire de médiévistique occidentale de Paris. Ses travaux actuels portent sur la domination sociale et sa reproduction dans la société médiévale (dernières publications sur ce sujet : « L’ecclesia, institution dominante du féodalisme : retour sur des malentendus », L’Atelier du Centre de recherches historiques, 27, mis en ligne le 21 février 2023 : https://journals.openedition.org/acrh/27865  ; « Le pouvoir laïque est-il profane ? Classement distinctif et spiritualisation seigneuriale en Haute-Allemagne à la fin du Moyen Âge », Bulletin du Centre d’Études Médiévales d’Auxerre, 28.2 (2024), mis en ligne le 15 janvier 2025 : https://journals.openedition.org/cem/22399), sur la culture médiévale de l’écrit (dernières publications sur ce sujet : « Ce que la liste fait à l’espace – ce que l’espace fait à la liste. Observations à propos d’un corpus d’actes seigneuriaux (Franconie, XVe s.) », dans : Pouvoir des listes au Moyen Âge, 3 : Spatialité et temporalité des listes médiévales, dir. Éléonore Andrieu et alii, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2023, p. 209-247 ; « Gutenberg précurseur du capitalisme ? Considérations latérales sur le “commerce” à la fin du Moyen Âge », dans : Les fruits de la terre. Études d’histoire médiévale offertes à Laurent Feller, dir. Marie Dejoux et alii, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2023, p. 341-353) et sur les conditions de production du savoir historien (dernières publications sur ce sujet : « Sortir l’histoire de son berceau judiciaire. Référentialité, vérifiabilité, réplicabilité de l’enquête historienne ? », Genèses. Sciences sociales et histoire, 129, 2022, p. 116-137 ; « For an epistemology of sources : Who’s talking there? », Boletim do Arquivo da Universidade de Coimbra, sous presse, 2025). La question de la temporalité articule ces trois champs de travail.

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